March 7, 2026
Empreinte carbone : guide complet
de mesure et de réduction dans
la construction
La durabilité en architecture n’est plus un choix éthique abstrait, mais un paramètre technique mesurable et contraignant. Dans un secteur où les termes « vert » et « écoresponsable » ont souvent été galvaudés, l’empreinte carbone représente l’unité de mesure objective utilisée pour évaluer l’impact environnemental réel d’un bâtiment ou d’un matériau.
Pour les concepteurs, les gestionnaires d’installations et les entreprises de construction, comprendre les mécanismes de calcul et de réduction du CO₂ n’est pas seulement une question de responsabilité environnementale, mais aussi une exigence fondamentale pour agir sur le marché actuel, en particulier dans le cadre des marchés publics et des certifications internationales.
Qu’est-ce que l’empreinte carbone ?
L’empreinte carbone est un indicateur environnemental qui quantifie la quantité totale d’émissions de gaz à effet de serre (GES – Greenhouse Gases) générées directement ou indirectement par un individu, une organisation, un événement ou un produit.
Elle ne se limite pas au dioxyde de carbone (CO₂), mais inclut tous les gaz à effet de serre visés par le Protocole de Kyoto (tels que le méthane et le protoxyde d’azote). Afin de rendre les données comparables et lisibles, tous ces gaz sont convertis en une unité de mesure unique : l’équivalent CO₂ (CO₂e).
Dans le secteur des revêtements de sol et des matériaux de construction, l’empreinte carbone mesure l’impact du produit sur l’ensemble de son cycle de vie (ACV), depuis l’extraction des matières premières jusqu’à sa fin de vie, en fournissant une « valeur instantanée » scientifique de son poids écologique.
Comment est-elle calculée ?
Le calcul de l’empreinte carbone exige une rigueur scientifique et s’appuie sur des normes reconnues à l’échelle internationale, principalement le GHG Protocol et la norme ISO 14064.
La méthodologie consiste à répartir les émissions en trois catégories distinctes, désignées par le terme anglais « Scope » :
● Scope 1 (émissions directes) : il s’agit des émissions générées directement par des sources détenues ou contrôlées par l’entreprise, telles que les combustibles brûlés dans les sites de production ou par les véhicules de l’entreprise.
● Scope 2 (émissions indirectes liées à l’énergie) : elles correspondent aux émissions résultant de la production d’électricité, de chaleur ou de vapeur achetées et consommées par l’entreprise.
● Scope 3 (autres émissions indirectes) : il s’agit souvent de la catégorie la plus importante et la plus complexe. Elle comprend toutes les émissions indirectes qui se produisent tout au long de la chaîne de valeur, à la fois en amont (extraction des matières premières, transport des marchandises) et en aval (utilisation du produit, élimination).
Pour un produit tel qu’un revêtement de sol en caoutchouc, ce calcul se traduit par une Analyse du Cycle de Vie (ACV), ensuite formalisée dans une Déclaration Environnementale de Produit (EPD ou FDES pour la France), un document certifié par des tiers qui rend les données transparentes et comparables.
Pourquoi est-il important de la calculer ?
La mesure de l’empreinte carbone constitue la première étape indispensable de toute stratégie de décarbonation : ce qui ne peut pas être mesuré ne peut pas être réduit. Les principales raisons sont au nombre de trois :
- Conformité réglementaire et gestion des risques : les réglementations européennes et internationales deviennent de plus en plus strictes. Le suivi des émissions permet aux entreprises d’anticiper leurs obligations légales et d’atténuer les risques liés à la fiscalité carbone.
- Réputation et transparence : dans un marché saturé de greenwashing, fournir des données certifiées (telles que la validation du plan d’action SBTi, les EPD ou les FDES) renforce la confiance des investisseurs, des clients et des parties prenantes, en démontrant un engagement concret à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.
- Efficacité opérationnelle : l’analyse des émissions met souvent en évidence des inefficacités énergétiques ou des gaspillages de ressources, permettant aux entreprises d’optimiser leurs processus de production et de réduire leurs coûts industriels.
Quel est son impact sur les chantiers et les appels d’offres ?
En Italie, le calcul de l’empreinte carbone a un impact direct et contraignant sur les marchés publics à travers les CAM (Critères Environnementaux Minimaux) applicables à la construction.
Avec l’entrée en vigueur du nouveau Code des marchés publics (décret législatif n° 36/2023), l’adoption des CAM est devenue obligatoire pour l’ensemble de la valeur du marché.
● Cela signifie que :
Spécifications techniques : les pouvoirs adjudicateurs doivent exiger des matériaux répondant à des exigences précises en matière de durabilité et de faibles émissions, vérifiables au moyen de labels environnementaux conformes à la norme ISO 14025 (tels que les EPD).
Critères d’attribution : dans les appels d’offres attribués sur la base de l’offre économiquement la plus avantageuse, des notes techniques plus élevées sont accordées aux projets qui utilisent des matériaux ayant une empreinte carbone plus faible ou une teneur plus élevée en matières renouvelables ou recyclées.
Ignorer ces paramètres peut entraîner l’exclusion de l’appel d’offres ou une perte de compétitivité par rapport à des propositions de conception plus performantes sur le plan environnemental.
La contribution d’Artigo à la réduction de l’empreinte carbone
● Artigo a choisi de relever le défi de la décarbonation avec une approche scientifique et transparente, allant au-delà des simples déclarations d’intention. Notre engagement se traduit par des actions mesurables :
● Validation SBTi (Science Based Targets initiative) : en 2024, nous avons obtenu la validation de nos objectifs de réduction des émissions, en les alignant sur les paramètres scientifiques nécessaires pour limiter le réchauffement climatique.
CONTACT US!
« * » indique les champs nécessaires