May 13, 2026
CO₂ équivalent : qu’est-ce que c’est, comment le calculer et pourquoi il est plus important que le seul CO₂
Dans le langage de la durabilité, parler uniquement de CO₂ ne suffit presque jamais pour décrire réellement l’impact climatique d’un produit, d’un processus ou d’une entreprise. C’est pourquoi on utilise aujourd’hui le CO₂ équivalent, une métrique qui permet de regrouper en une seule valeur l’effet climatique des principaux gaz à effet de serre.
Calcul du CO₂ équivalent : qu’est-ce que c’est ?
Le CO₂ équivalent, également indiqué comme CO₂eq., est une unité de mesure qui traduit l’impact des différents gaz à effet de serre en quantité équivalente de dioxyde de carbone nécessaire pour produire le même effet sur le réchauffement climatique. Cette approche permet donc de comparer différents gaz à l’aide d’une seule échelle de référence basée sur le potentiel de réchauffement global, ou GWP.
Dans le contexte technique, le CO₂eq. est la métrique utilisée pour exprimer l’empreinte carbone globale des produits, des activités et des organisations. C’est également le langage utilisé pour interpréter des indicateurs environnementaux tels que le GWP dans les EPD et les analyses du cycle de vie (ACV).
En quoi diffère-t-il du calcul « traditionnel » du CO₂ ?
La différence est nette : le calcul du CO₂ mesure uniquement les émissions de dioxyde de carbone, tandis que le calcul du CO₂ équivalent inclut également d’autres gaz à effet de serre, tels que :
- le méthane ;
- le protoxyde d’azote ;
- les gaz réfrigérants et, plus généralement, tous les gaz fluorés.
Par conséquent, alors que le simple calcul du CO₂ ne fournit qu’une image partielle, le calcul du CO₂ équivalent offre une évaluation beaucoup plus complète de l’impact climatique réel.
Cette distinction est importante car tous les gaz à effet de serre n’ont pas la même capacité à retenir la chaleur dans l’atmosphère. En pratique, se limiter au seul CO₂ peut sous-estimer l’impact environnemental d’une activité commerciale ou d’un matériau de construction, surtout lorsque des émissions autres que la combustion directe interviennent tout au long de la chaîne d’approvisionnement.
La différence entre le CO₂, les gaz à effet de serre et le CO₂ équivalent
Le changement climatique d’origine anthropique est causé par le rejet de différents gaz dans l’atmosphère terrestre, appelés gaz à effet de serre (GES – Greenhouse Gases). Le principal d’entre eux est le dioxyde de carbone (CO₂), un gaz émis en grandes quantités chaque fois que des combustibles fossiles sont brûlés. Toutefois, les activités de production, industrielles et agricoles rejettent également d’autres gaz au potentiel de réchauffement climatique nettement supérieur, tels que le méthane (CH₄), le protoxyde d’azote (N₂O) et les gaz réfrigérants.
Afin de mesurer et de comparer objectivement ces substances, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies (GIEC/IPCC) a élaboré le Potentiel de Réchauffement Global (PRG ou GWP). Cet indice évalue le potentiel de réchauffement absorbé par une quantité donnée d’un gaz à effet de serre sur une période spécifique, généralement de 100 ans, en le comparant à celui d’une masse identique de CO₂. Par exemple, en évaluant l’impact sur un siècle, le méthane possède une capacité polluante 28 fois supérieure à celle du CO₂, tandis que le protoxyde d’azote (N₂O) est environ 265 fois plus puissant.
Comme un seul élément ou une seule activité industrielle peut entraîner l’émission d’une combinaison de différents gaz à effet de serre en quantités variables, les mesurer individuellement rendrait le calcul de l’empreinte carbone extrêmement complexe. Afin de simplifier l’analyse des émissions et de rendre les résultats comparables, l’expression CO₂ équivalent (CO₂eq.) est utilisée comme unité de mesure standard.
La différence entre ces deux concepts est que le CO₂ fait exclusivement référence aux émissions de dioxyde de carbone, tandis que le CO₂ équivalent inclut la mesure de l’impact de tous les gaz à effet de serre en les traduisant dans leur valeur équivalente en CO₂.
Comment le calcule-t-on ?
Pour calculer le CO₂eq., on multiplie la quantité émise de chaque gaz à effet de serre par son facteur de réchauffement global par rapport au CO₂, qui, par convention, a une valeur de 1.
Dans les évaluations d’entreprise et de produit, une formule récurrente est : émissions de CO₂eq. = donnée d’activité × facteur d’émission
La donnée d’activité peut correspondre, par exemple, à la consommation d’énergie, au transport ou à l’utilisation de matières premières, tandis que le facteur d’émission indique combien d’émissions sont générées pour chaque unité considérée.
Avantages et inconvénients de cette approche pour les entreprises
Pour les entreprises, adopter le CO₂ équivalent signifie utiliser une métrique plus robuste, adaptée à la mesure de l’empreinte carbone de manière cohérente et comparable. Cela est particulièrement utile dans les processus de reporting environnemental, les EPD et les analyses ACV, où une base technique commune est nécessaire pour interpréter l’impact des matériaux et des processus.
Parmi les principaux avantages figurent :
- une plus grande précision de l’analyse ;
- une meilleure comparabilité entre les produits ;
- la possibilité d’identifier plus précisément les domaines dans lesquels intervenir pour réduire les émissions.
Parmi les inconvénients figurent :
- une plus grande complexité des calculs, facilement résolue grâce à l’utilisation de logiciels dédiés ;
- la nécessité de disposer de données fiables tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Toutefois, en faisant appel à des partenaires disposant de produits et d’une durabilité certifiés, comme Artigo, cette difficulté peut être facilement surmontée.
- le fait que, sans un bon système de collecte de données, le résultat risque d’être incomplet ou peu représentatif.
Conclusion
Pour une entreprise, le calcul du seul CO₂ peut être utile uniquement dans des analyses très limitées, mais il n’est pas suffisant lorsque l’objectif est de mesurer l’impact climatique global de manière sérieuse et crédible. Le CO₂ équivalent est aujourd’hui l’approche la plus correcte, car il permet de transformer la complexité des émissions en un indicateur unique, lisible et techniquement plus fiable.
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